
Nykmer Oren: Qu’est-ce que le fait de jouer sur scène représente pour vous ?
Benjamin: La scène c’est une sorte de récompense de tout ce travail, de ces compositions qu’on a faites. C’est le moment où on peut enfin jouer ces morceaux. On recherche ces moments où l’entente entre nous est parfaite et où ça sonne !
C’est pas toujours facile parce que c’est un gros chantier. On essaye de profiter de nos compos, c’est notre cadeau.
Nykmer Oren: Quel accueil vous réserve le public?
Thomas: Ca dépend si les gens connaissent ou pas les morceaux, parce que notre musique est toujours un peu frontale et en bloc, c’est assez souvent fort et dense. On aime bien que les gens se replongent plusieurs fois dans l’album pour, comme tu disais tout à l’heure (cf partie 1 de l’interview), redécouvrir des sons. Si c’est la première fois que quelqu’un voit le groupe ça peut être à double tranchant: il va pouvoir trouver l’énergie et la composition des morceaux intéressante, mais le fait de se prendre tout comme ça peut aussi l’interloquer parce qu’il y a trop de choses, trop d’infos…
Yoann: Après tout vient de nous, ça arrive que sur des concerts qu’on manque d’alchimie sur scène et du coup on a plus de mal à amener le public dans notre musique.
Benjamin: Ca peut dépendre de ce qui s’est passé avant dans la journée…

Nykmer Oren: Votre jeu de scène a évolué, en 2004 vous vous cachiez un peu sur scène derrière des masques, des lunettes… que vous avez par la suite abandonnés. Dans votre clip « 6 bonnes raisons » on observe un retour des masques…
Benjamin: On fait de la musique essentiellement pour la musique. On ne va sur scène pour « avoir l’attitude », on y va pour présenter des morceaux. On n’est pas très fans de ce qui peut être mise en avant de la personnalité. Et on n’a pas forcément des « looks » appropriés… donc des fois un bon p’tit masque ou des lunettes ça nous a aidé au début. On a peut-être un peu peur nous même de notre musique, de ce qu’on propose, et on n’est pas tout le temps à l’aise… c’était un peu lâche. On fait un truc assez difficile et il faut réussir à l’assumer et ça on l’apprend au fur et à mesure.
Yoann: Pour le clip on voulait apporter un côté visuel aussi et avec nos visages nus, je ne sais pas si on apporte du visuel… (rires)
Yoann: On amène aussi une autre dimension sur scène avec des projections d’images en diapositives. Chaque chanson a une couleur différente et le public va l’interpréter à sa façon et se plonger dedans. Ca aide à entrer dans l’univers Montgomery
Benjamin: C’est Nicolas et Kris du collectif Vitrine en cours qui nous aident pour ça. On les a rencontré à l’Antipode. C’est peut être aussi la suite des masques. Mais il faut qu’on apprenne à s’en passer sur certains morceaux (rires)… c’est des retours qu’on a eu (rires).
NDLA: Montgomery étaient au vieilles charrues cet été. Leur concert a été filmé et sera diffusé sur Virgin 17 le 20 Décembre 2009.

Nykmer Oren: Vous faites aussi des ciné-concerts sur le film Mad Max, comment est né ce projet?
Thomas: C’est une commande du Festival du Film de Vendôme qui nous a proposé plusieurs films: Des films plutôt anciens en noir et blanc, muets… et au dernier moment on nous a proposé Mad Max. On a tout de suite flashé sur ce film, parce qu’on trouvait qu’il collait mieux à notre musique et qu’on allait plus facilement s’en sortir. Et effectivement après coup je pense que c’est vraiment le meilleur choix qu’on avait à faire.
Pour préparer ça, on a fait une petite résidence à l’Astrolab, à Orléans, on a fait la toute première représentation, la veille de la première officielle qui avait donc lieu au Festival du Film de Vendôme. On l’a rejoué quelques fois depuis et il y a encore des dates prévues sur la fin de l’année. Voir les dates et résever
Nykmer Oren: Qu’est-ce qui vous a le plus séduit dans ce film?
Thomas: Y’a une couleur… les caractères des personnages, y’a quelque chose d’assez étrange. Tu peux avoir une double vision sur le film, sur les gens qui jouent dedans. Y’a un côté hyper agressif et violent dans ce film qui correspond à notre musique.
Yoann: Le bien et le mal dans ce film peuvent être interprétés de manière absolument différente…
Benjamin: Esthétiquement il est vraiment cool et c’était facile. On a fait ça en un week-end, ça collait tout de suite et y’avait plus qu’à le roder !
Yoann: Et Mel Gibson nous a beaucoup inspiré !

Nykmer Oren: Vous avez composé des morceaux exprès? Il y a une part d’improvisation?
Benjamin: Non on sortait de l’enregistrement de l’album et on a repris pas mal de plans de l’album tout simplement. On a aussi repris des passages du premier album aussi et puis y’a beaucoup de parties bruitistes: y’a tellement de crashs, de courses poursuites…
Thomas: On a pour ça quelques morceaux où la rythmique est bien devant et c’est très chouette de faire des bruits de motos avec nos guitares, on s’amuse beaucoup.
Nykmer Oren: Vous avez projets en solo en plus de Montgomery?
Thomas: Je joue parfois en solo et je suis ingénieur du son en studio sur d’autres projets.
Autrement Cédric, Ben et moi jouons sur le projet « La Chair des anges » d’ Oliver Méllano. C’est un projet qui confronte les musiques classique, contemporaine et un peu rock bruitiste. On fait partie d’un ensemble de guitaristes: y’a 8 guitares qui jouent une pièce baroque avec deux chanteuses lyriques. On se retrouve dans un monde qu’on connaît pas vraiment avec des gens du classique, et c’est assez marrant.
Benjamin: C’est de la noise classique… baroque rock… baroque brut…
Thomas: Du mad baroque… On est 21 musiciens sur ce projet dont des musiciens de classique très cotés comme le Quatuor Debussy… et Robert le Magnifique pour le côté électro.
NDLA: Ecoutez la pièce avec les 8 guitares et les chanteuses lyriques
Nykmer Oren: Question finale, est-ce que vous chantez sous la douche et si oui, quoi donc?
Benjamin: Moi j’prends que des bains !
Cédric: Moi je fais du beat box…
Benjamin: Tu fais quoi comme rythmique?
Cédric: Je joue beaucoup avec la pomme de douche, ça fait chlvfoublouf…
Thomas: Moi je cherche les fréquences de résonance des salles de bains, je fais des ooOOOAAAAAaaoooooOOOOoo. Y’en a une généralement où ça résonne plus.
Je laisserai le mot de la fin à Benjamin: « On est très drôles dans la vie »
A venir, les photos et un petit live report du ciné-concert @ La Maroquinerie.


